[Test] – Streets of Rage 4 : La spectaculaire renaissance d’un mythe

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Le logo de Streets of Rage 4 avec tous les personnages pour son test

Après 26 ans d’attente, Streets of Rage 4 est enfin là et notre test avec ! Amour de la série et de la bagarre débordent de ce quatrième volet qui fait mouche.

Il n’aura fallu attendre qu’un peu plus d’un quart de siècle avant de voir une suite à Streets of Rage 3, sorti sur la légendaire Mega Drive. Mais parfois, il faut que de l’eau coule sous les ponts pour que la qualité jaillisse (si si).

L’année 2020 voit ainsi la renaissance d’un mythe du beat’em all comme il en existe peu dans l’univers du jeu vidéo. En collaboration avec SEGA, l’éditeur français Dotemu (qui bûche également sur Windjammers 2) accompagné des développeurs de chez Lizardcubet et Guard Crush Games, sort Streets of Rage 4. Un jeu attendu comme le Saint Graal par la communauté baston, avec tous les risques que cela comporte pour des créateurs.

Alors, est-ce que tout ce bruit en valait la peine ? Ho que oui.

Si vieux et pourtant si jeune

Lorsque vient le moment de lancer le jeu, tout semble étrangement familier. Les visages des personnages dans le menu, les différents modes proposés, les sons. Ça rappelle quelque chose et c’est pourtant incroyablement moderne.

Le soin apporté aux différents visuels, la musique entraînante à crever, cette vibration arcade des années 90 qui saute aux yeux sans jamais être ringard, cette attention du détail qui fait toute la différence. Rare sont les titres actuels qui donnent autant envie de saisir la manette dès les premières minutes.

Classique s’il en est, le joueur dispose d’un choix restreint au départ : histoire ou jeu en ligne. Les modes arcade et combats de boss ne sont débloqués qu’une fois l’histoire achevée une première fois, il n’y a donc pas 36 000 endroits ou aller. Explorons les rues de Wood Oak City !

Cinq niveaux de difficulté sont disponibles d’emblée et nous optons mollement pour « moyen » pensant expédier l’aventure rapidement. Il n’en est rien. Pour une fois, jeu du 21ème siècle ne rime pas avec simplicité à outrance, et ça fait du bien.

La bagarre dans tous ses états

Streets of Rage 4 ne passe pas par quatre chemins avec sa trame scénaristique : dix ans se sont écoulés depuis la mort du gros vilain M. X et ce sont cette fois-ci ses neveux, les jumeaux Y qui viennent mettre le brun dans la ville chérie des détectives Axel Stone et Blaze Fielding. Ces derniers n’ont pas l’intention de laisser un nouveau mal gangrener les rues. Et sur ce, c’est parti. Efficace et direct… suffisant pour un beat’em up, on en demande pas vraiment plus.

Toujours en vue 2D de côté, ce qui frappe d’emblée sont la qualité de conception du personnage principal mais également des décors et des ennemis. Tout est une réinvention des jeux 16 bits de base avec un incalculable nombre de clins d’œil. C’est coloré et vivant, même si les arrière-plans gagneraient parfois à être plus animés.

En parlant d’animations justement, elles sont également d’une grande propreté et découvrir les mouvements de son personnage est un vrai régal pour les yeux. Niveau gameplay, c’est en droite ligne de ce que ses aînés ont offerts avec malgré tout plus de flexibilité dans les enchaînements possibles. On avance et on cogne. Est-ce répétitif ? Oui, le genre l’est par définition. Est-ce plus répétitif que Streets of Rage 2 ? Non. La créativité est de mise lorsque l’on éclate une troupe d’ennemis et l’on se surprend régulièrement à découvrir des chaînes de coups, rendant l’ensemble toujours plus drôle voir même… oserais-je… technique !

Au niveau de la palette de coups, on retrouve l’auto-combo, les coups spéciaux qui consomment des points de vie récupérables en tabassant l’adversaire et enfin un coup ultime que l’on actionne en pressant deux boutons. Ce dernier fait des dégâts assez considérables sur une zone étendue et ne peut être utilisé qu’en dénichant des objets sous forme d’étoile.

Au rang des petites difficultés, ramasser des objets en se mettant sur le bon plan est parfois compliqué. On se retrouve souvent à lâcher par inadvertance une arme pour récupérer un sac d’argent car son positionnement n’est pas calculé au millimètre près lorsque l’on presse la touche rond pour s’en saisir. Dangereux dans pas mal de cas, et agaçant.

SoR 4 ? Deux heures douche comprise

On s’éclate. Oui. On s’éclate tout au long de ces douze niveaux et de ces douze boss à la difficulté très inégale. On enrage parfois de se faire démolir bêtement et on s’émerveille des différentes surprises, comme être téléporté en milieu d’une partie dans un vieux niveau de l’ère Mega Drive au détour d’un passage « secret ».

Couteaux, battes, tuyaux, grenades, matraques… tout est bon pour faire la peau à la terre entière jusqu’au grand final, qui vaut le détour. Il faut en tout et pour tout environ 2 heures pour terminer le jeu, ce qui pourrait sembler peu mais qui se révèle en fait bien assez, d’autant que la rejouabilité est immense.

En effet, une fois chaque niveau complété, une barre de progression avec divers marqueurs s’affiche. Une fois ceux-ci atteints, de nouveaux personnages sont débloqués (jusqu’à 12 en plus des cinq de base). Certains revisités pour Streets of Rage 4, d’autres sont les copies conformes et pixelisées à l’ancienne des épisodes précédents, qui s’insèrent à merveille dans ce quatrième opus.

On a constamment l’impression de progresser dans le jeu, son contenu et c’est bien là le plus important.

Une fois l’histoire terminée, il est désormais possible de sélectionner le mode arcade, ou aucun « continue » n’est de mise, ou d’enchaîner les différents boss dans Combats de boss.

Pour ce qui est des modes en ligne, nous n’avons pas réussi à trouver d’adversaires disponibles pour nous affronter sur le mode Battle, Duel ou même pour se joindre à nous en co-op, mais il y a fort à parier que c’est à cet endroit où la durée de vie du titre va briller (et nous compléterons ce point une fois le jeu sorti).

La note du diable

S’il est un point à souligner particulièrement, c’est la qualité de la bande son d’Olivier Derivière (Assassin’s Creed IV; GreedFall). Le compositeur et autres créateurs invités sont parvenus à redonner vie à l’emblématique morceau de la franchise, Go Straight. Même plus que ça, à le transcender pour se l’approprier complètement.

Tous les morceaux du jeu, des menus à l’action même, sont extraordinairement bien menés et donnent une indéniable personnalité à Streets of Rage 4. Lorsque l’on en vient à entrer dans le menu « Extra » et à y rester 10 minutes sans bouger pour profiter de la mélodie, c’est que quelque chose se passe dans nos esgourdes… Voici d’ailleurs quelques titres en accès libre pour une mise en bouche.

D’ailleurs, en parlant du mode Extra, il renferme tout un paquet d’illustrations et de croquis du jeu offrant une nouvelle dimension à l’ensemble. Mieux, il est même possible de changer l’apparence des différentes victuailles qui permet de redonner de la vie en jeu (par défaut un poulet et une pomme) pour le mettre à son goût (hamburger,…). Autant de petites attentions qui ne laissent pas le joueur indifférent.

Les rues de la rage 4 ? Oui !

Streets of Rage 4 confirme la tendance amorcée par Sonic Mania, à savoir qu’il n’y a plus que des passionnés permettant d’offrir des suites d’exception aux légendaires séries de SEGA. Dotemu redonne vie à la licence de fort belle manière, et on redemande ! Il ne reste plus qu’à prier pour qu’ils s’attellent à un nouveau volet de Guardian Heroes, vu le travail d’orfèvre qu’ils viennent de livrer. Chapeau bas.

Ce test de Streets of Rage 4 a été réalisé avec la version dématérialisée sur Playstation 4, gracieusement fournie par Dotemu.

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