[Test] – Warriors Orochi 4 : À l’assaut du Mont Olympe

Zeus s’attaque à nos héros dans ce nouvel opus de Warriors Orochi.

N’en avez-vous pas marre de prendre la vie d’une seule personne à la fois ? N’avez-vous jamais rêvé de décimer des civilisations entières à l’aide d’une simple épée et d’un petit peu de magie ? Koei Tecmo va satisfaire ce besoin une fois de plus avec Warriors Orochi 4.

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Cet opus est la définition même du choc des cultures. Dans les précédents opus, l’histoire du Roi-Serpent (Orochi) mêlée à l’histoire antique Chinoise et Japonaise n’avait rien de troublant pour nous autres, occidentaux de souche. Ce nouvel opus s’attaque désormais à la mythologie Grecque (si). En effet, notre barbu perché sur le Mont Olympe, le Dieu des Dieux, a décidé de créer des failles temporelles amenant des personnages de différents univers dans une dimension parallèle. Plusieurs « Bracelets du serpent » au pouvoir immense sont dissimulés dans cette fameuse dimension, et il ne s’agirait pas qu’ils tombent dans de mauvaises mains. On suit derrière.

Il est certes difficile de se renouveler dans un genre aussi répétitif comme celui du Beat’em all de masse. Pourtant, l’essence de ce style est alimentée par la reproduction constante des mêmes mécaniques niveau après niveau, c’est en tout cas ce que la communauté fanatique de la licence demande, encore et encore.

De ce fait, avec ses 170 personnages jouables, Warriors Orochi 4 tente de nous en mettre plein les mirettes avec des attaques et des magies grandioses. Bien des batailles sont à livrer, avec un nombre impressionnant de protagonistes et de techniques au menu. Tout à l’air d’être en place pour nous divertir un maximum. La forme est belle, mais qu’en est-il du fond ? Illusion ou réussite ? Personne ? Bon.

  • Un Pandémonium contrasté

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Une chose est sûre, Warriors Orochi 4 n’est pas très axé sur la parlotte. Après seulement une cinématique et un petit dialogue, on se retrouve directement sur le champ de bataille pour entreprendre le didacticiel. On y apprendra les coups de base, les quelques enchaînements, la magie ainsi que les attaques spéciales et ultimes. Une fois les différents combos possibles assimilés, quelques lignes de dialogue et nous voilà projeté dans le premier niveau. Au premier coup d’œil, la patte graphique est plutôt fade, les décors plats et les PNJs dénués de charisme.

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Les champs de bataille, bien que pauvres en couleur, reste assez efficaces en terme d’immersion dans cet univers majoritairement asiatique, tant par l’architecture des forteresses que par l’environnement global représenté à l’horizon de notre guerre ensanglantée. Enfin, non, il n’y a pas de sang. Mais l’atmosphère reste d’une violence étonnamment délicieuse.

Cependant, l’opinion varie très vite une fois les attaques spéciales et ultimes lancées pour la première fois. En effet, chaque fois qu’une telle technique est lancée, un court gros plan sur votre personnage s’active et ainsi se lance l’animation de ladite attaque. On comprend tout de suite où est passé le budget !

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Les personnages sont dotés d’une esthétique très peaufinée, surtout aux niveaux des armures (habits pour certain(e)s) avec une belle finition. Les techniques sont graphiquement correctes, souvent très colorées pour appuyer la puissance de celles-ci dans un monde aussi terne que celui de Warriors Orochi 4 où génocide est le maître-mot.

orochi-img8Le graphisme, donc, est à double-tranchant : la platitude du design des décors et des armées appuie le contraste avec la beauté des personnages et de ce qu’il y est attaché. Mais à contrario, chaque technique spéciale nous rappelle que ce qui nous entoure est assez miséreux.

Il n y a pas de version française, soit. Mais il n y a pas de sous-titres français non plus. Les voix seront uniquement en japonais, et les sous-titres uniquement en anglais. Anglophobes, prenez vos antibiotiques.

Les musiques ont toutes plus ou moins le même rythme entraînant. C’est heureux pour un jeu aussi nerveux et dynamique. Au-delà de sauter au plafond, les compositions, de par un minutieux mélange entre un générique de manga et un chant de guerre, sont plus que correctes et nous immergent un peu plus dans nos batailles bestiales. Les bruitages, eux, sont réussis. En effet, chaque coup infligé et reçu est ressenti grâce à de belles sonorités cinglantes, différentes en fonction de l’arme utilisée. Utilisation du casque FORTEMENT recommandée.

  • Musashi et Trident

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Le gameplay est très simple à prendre en main, pas besoin de plus d’une heure pour le maîtriser. C’est le point fort du jeu : la jouabilité est tellement satisfaisante qu’on ne voit pas le temps passer. Elle est suffisamment variée pour utiliser différent style de combat (même avec un seul personnage), mais ne s’étale pas trop de sorte à ne pas se perdre dans les combinaisons de touche. La déification se débloque pour certains personnages, permettant une transformation puissante qui rend Warriors Orochi 4 d’une nervosité sans égale.

orochi-img5 Le jeu vous pousse, de toute façon, à changer constamment de technique en fonction de vos ennemis. En effet, certains adversaires sont plus vulnérable aux attaques physiques que magiques, et même d’autres peuvent être uniquement tués par la magie. Un compteur de coup, ou Hit Counter, est utilisé notamment pour looter de belles armes pour vos personnages. Ah oui ! Le loot ! Le leveling !

Chacun de vos protagonistes ont un arbre de talent unique. Ils gagnent de l’expérience au fur et à mesure des batailles complétées, pour ainsi débloquer des Skill Points. Ceux-ci seront utilisés pour faire progresser votre arbre de talent, tout ce qu’il y a de plus classique.

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Le seul équipement disponible est l’arme. Celles-ci peuvent être trouvées en récompense à la fin d’un niveau. Il est possible d’optimiser ses chances de loot légendaire en remplissant certaines conditions, comme porter le coup de grâce à un boss en ayant plus de 300 au Hit Counter. Des emplacements de gemmes peuvent se trouver sur ladite arme, pour personnaliser un peu plus les dégâts : ajouter des dégâts de feu, de foudre, rendre les attaques normales plus puissantes, augmenter la magie… Mais pas que.

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D’autres gemmes sont utiles pour augmenter l’expérience gagnée, le taux de loot,… L’évolution du personnage est constante, quand bien même cela aurait pu être un poil plus chiadé. Disons que la personnalisation est un peu plus poussée que le minimum syndical, mais pas de quoi sauter au plafond.

Il est bon de voir en bas de l’écran : « 2P Join ». Deux joueurs sur une seule console en 2018 ? Qu’ils sont vieux jeu ! (merci Koei). Un mode en ligne est aussi de mise pour entreprendre le mode histoire à plusieurs. Cela rajoute au final assez peu d’intérêt car aucun bonus, mais ça ne mange pas de pain d’inviter un autre joueur.

  • L’alliance des douze mille Dynasties

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170 personnages jouables, ça excite, mais ça fait peur. Dès le premier niveau terminé, v’là déjà quatre nouveaux guerriers qui s’ajoutent à votre effectif. À peine après s’être familiarisé avec les premiers protagonistes, on nous propose déjà de changer et de recommencer avec des combattants de niveau 1. Après cinq niveaux terminés, le roster détient déjà 20 personnages. Cela peut paraître frustrant au début, mais on se prend vite au jeu du « qu’est-ce qu’il vaut lui ? ». Un mode entraînement, appelé « Mock Battle », permet de tester les nouveaux arrivants. Cela devient rapidement le petit rituel de fin de bataille : « Vais-je remplacer un de mes personnages ? Quelles sont ses techniques ? »

À savoir qu’il existe des emplacements de Support qui augmente les caractéristiques de nos guerriers principaux. De plus, un camp d’entraînement se débloque au chapitre deux afin de faire gagner un peu d’expérience aux champions inactifs, trois par trois.

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Cependant, au niveau de l’histoire, impossible de se rappeler qui est qui. Quand bien même cela reste secondaire, on lit les dialogues sans trop d’intérêt tant on ne sait plus quand et comment tel ou tel est arrivé dans notre équipe. Le mélange des univers de Warriors Orochi avec la mythologie grecque est un franc succès, le game design y étant évidemment pour quelque chose, ne montrant pas tant de différences entre les personnages dit « de base » et les divinités comme Zeus et Athena.

  • Battle Arena : le JcJ oubliable

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Ce nouvel opus accueille un nouveau mode : le Battle Arena. Il s’agit d’un mode domination en 3 contre 3 dans lequel trois points sont à capturer sur la carte. La première équipe qui contrôle la totalité des objectifs de la carte remporte la victoire. Il arrive souvent qu’une partie soit très courte, si tant est que l’on écrase d’un coup l’équipe adverse ou que votre ennemi se paie un full team.

Le JcJ est assez plat, car tout se jouera sur la parade. Le premier à parer un coup pourra contre-attaquer et enchaîner assez méchamment. Une fois le combo fini, on recommence : on se tourne autour, et celui qui contre en premier a gagné (en général). De plus, le système de capture de point s’essouffle depuis quelques temps déjà, quand bien même il est vrai qu’il n y a pas 36 solutions pour du JcJ en ligne de beat’em’all. Peut-être un gros Deathmatch aurait mieux fait l’affaire ?

En tout cas, tout cela n’est autre qu’un mode supplémentaire d’un jeu assez complet. Aucune obligation de passer par la case Battle Arena pour une bonne expérience du jeu.

  • Conclusion

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Warriors Orochi 4 a su mélanger différents univers d’une manière bien ficelée, rendant le tout presque logique. Le gameplay nerveux vous fera passer de nombreuses heures en prenant du plaisir et en déverrouillant le plus de protagonistes possible, ça ne fait aucun doute.

Bien meilleur que son prédécesseur, il a cependant gardé certains défauts de ce dernier, notamment les mauvais graphismes des stages. Le multijoueur local et en ligne pour le JcE rajoute une fonctionnalité sympathique, sans plus. Quant au JcJ (Battle Arena), on ne le lancera qu’une fois ou deux avant de vite retourner sur le mode histoire. Warriors Orochi 4 n’en est pas moins une réussite, et force est de constater que le renouveau n’est pas toujours nécessaire pour pondre un jeu de qualité.

C’est bon :

  • Un univers atypique réussi
  • Une bande sonore efficace
  • Grande durée de vie
  • Gameplay satisfaisant
  • Multijoueur local et en ligne
  • Character Design excellent
  • 170 personnages jouables
C’est mauvais :

  • Les décors assez laids
  • Personnalisation faiblarde
  • JcJ peu convaincant
  • Absence de sous-titrage français

Ce test de Warriors Orochi 4 a été réalisé avec la version dématérialisée sur Playstation 4, gracieusement fournie par Koei Tecmo.

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