[Test] – God of War : le Ragnarök aux petits oignons

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Kratos et son mouflet viennent chatouiller les dieux nordiques de la plus belle des manières

Comment ça nous sommes en retard ?! Ça fait deux mois et demi que le jeu est sorti vous dites ? Pas grave, il n’y a pas d’heure pour les braves et le jeu de Santa Monica Studio est si intriguant qu’il nous était impossible de le laisser filer sans donner notre avis dessus. Partout on entend « c’est un chef-oeuvre », ou encore « c’est si bon », voir même « Kratos, il est chou »… Critiques fondées ou simples racontars ? Exobaston vous révèle tout avec LE test God of War. (Vous pouvez acheter le jeu en suivant ce lien, ce qui nous versera quelques écus au passage, si le coeur vous en dit)

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Père Noël à la Grecque

Tout d’abord, nous présentons God of War comme un beat’em all et c’est pour cela qu’il a sa place sur Exobaston. En revanche, il n’est pas un pur beat’em all non plus, car aux phases de castagnes, se succèdent des phases d’exploration et de résolution d’énigmes. Cela étant dit, le bourrinage est suffisamment important pour plaire aux amateurs de baston.

Ainsi, Kratos revient. Ridé, barbu mais toujours bien musclé comme il faut et il se promène cette fois avec son fils Atreus. Notre héros est armé d’une hache magique qui glace ses ennemis tandis que son rejeton porte un arc et un carquois. Ils vivent tous deux dans les terres enneigées de Midgard, ayant troqué le folklore spartiate pour les légendes nordiques, où Odin et Freyja se chamaillent gaiement. Autant votre serviteur adore les mythes de nos voisins du nord, autant la réutilisation constante du paganisme germanique commence à lasser. Et pourtant, God of War offre un cadre convaincant, réutilisant ces légendes avec ingéniosité, leur donnant une touche de grandiose qui permet de redécouvrir ce panthéon. Plus impressionnant encore, l’arrivée d’un dieu grec dans la glace ne fait pas tâche; le joueur découvre l’univers du jeu de la même manière qu’un étranger débarquant en Erasmus dans un pays taré. La sensation d’exploration est véritable et l’on suit la trame principale avec aisance, toujours désireux d’en savoir plus.

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Au milieu des affrontements avec trolls, dieux, demi-dieux et autres sorcières, God of War met l’emphase sur la relation père-fils. D’un côté, un Kratos froid et direct dirige son fils sans concession, tandis qu’Atreus tente tant bien que mal de répondre aux exigences de son père avec son esprit d’enfant. Beaucoup considèrent cela comme une représentation torturée et émouvante d’un père aimant, qui préfère montrer autant de sensibilité qu’une boîte de cailloux afin de protéger son fils, par un enseignement à la dure. Ce n’est malheureusement pas aussi bon, c’est même très cliché. Si vous avez vu le film American Sniper, c’est exactement du même acabit : surjoué et simplet tout en étant étrangement séduisant. Oui, séduisant dans le sens ou cette simplicité fonctionne et réveille quelque chose de primaire que l’on trouve… attendrissant ? C’est donc efficace sans être extraordinaire mais cela fait le boulot et c’est au fond le plus important.

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Et mon pied, tu l’as vu mon pied ?!

Kratos est fort et violent, une violence traduite de façon exceptionnelle dans God of War. Lorsque Kratos frappe, ça fait mal et la multitude d’enchaînements disponibles rend les combats jouissifs et techniques. Les compétences spéciales ainsi que la rage spartiate, sorte de furie activable une fois une certaine jauge remplie, font tout péter autour de nous sans pour autant rendre la chose facile. Car quand bien même nombre de facilitateurs sont présents, comme par exemple les exécutions pour les ennemis étourdis, permettant d’écraser littéralement un ennemi avec le pied et de lui retirer plus de 75% de sa vie, le jeu est loin d’être simple. Notons également qu’Atreus nous donne un coup de main bienvenue au moyen de son arc, parfait pour distraire un ennemi aux moments fatidiques.

Pour la difficulté normale, les combats s’enchaînent jusqu’à un pic de complexité particulier, un combat salé la plupart du temps, qui prend entre 10 et 15 essais pour être mené à bien. Ces moments tendus rythment l’aventure à raison d’un affrontement difficile toutes les heures et sont suffisamment ardus pour donner une impression de défi et une satisfaction certaine lors de leur complétion. Cela reste en revanche éloigné d’un Dark Souls pour ne pas rendre l’expérience trop frustrante.

Certains diront que la difficulté est bien dosée, ce qui n’est pas faux; d’autres diront que cela permet juste de rallonger la durée de vie du jeu de façon gratuite, comme un Cuphead.

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Améliore ma hache, nain

Kratos et Atreus évoluent de tous les côtés. Que ce soit au moyen de l’arbre des compétences, permettant d’acquérir de nouveaux pouvoirs ou de renforcer ceux déjà disponibles, ou via les forgerons nains Brok et Sindri qui créeront armes, armures et divers objets pour rendre les protagonistes encore plus puissants, le système d’amélioration est fourni et pluriel, suivant la montée en niveaux des deux compères.

Changer fréquemment ses attributs spéciaux permet de largement diversifier ses approches de combat, qui sont déterminantes pour remporter certaines batailles. Ainsi, la possibilité de lancer sa hache et de glacer ses ennemis au contact peut changer la donne et simplifier la progression, si vous avez eu la présence d’esprit d’attribuer la compétence « Glacer au contact » au bon moment. Les options sont larges et permettent de personnaliser l’expérience de jeu de façon appréciable.

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Dis Papa, t’as vu le dragon ?

Par dessus tout, God of War est beau, si beau que l’on se demande comment une machine vieillissante comme la Playstation 4 permet d’afficher des décors si sublimes sans broncher. Le boulot graphique de Santa Monica Studio n’a rien à envier aux productions Naughty Dog et ses Uncharted, sans oublier la direction artistique, proprement incroyable. Que ce soit les montagnes enneigées, les corps de guerriers où les animaux fantastiques, tout est finement restitué avec une touche personnelle, chose rare pour une production triple A.

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Le maître mot ici est le spectacle. Il suffit d’affronter le dragon Hraezlyr, faisant grosso modo 500 fois la taille de Kratos pour s’en rendre compte. Non seulement l’échelle est impressionnante mais toute l’action est impeccablement rythmée : suffisamment abordable pour y prendre plaisir, suffisamment ingénieuse et changeante pour pomper l’adrénaline du joueur.

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Enfin, la musique composée par Bear McCreary (Assassin’s Creed Syndicate, The Cloverfield Paradox) est tout bonnement épique. Croisement entre la bande-son de Vikings, Gladiator et The Matrix, difficile de ne pas se sentir pousser des ailes à l’écoute de ses compositions.

Tout cela combiné donne du sens à l’exploration de Kratos et Atreus qui, s’ils peuvent voyager ça et là entre les différents points d’intérêt en dehors de la quête principale, restent malgré tout au sein d’un cadre particulier délimitant leurs mouvements. Le monde de God of War est limité, aucun rapport avec l’immensité de The Witcher 3 par exemple. Cela n’a pourtant que peu d’incidence sur l’expérience, car l’âme du jeu est gigantesque et fait fi de déplacements restreints.

Comptez environ 25 heures pour terminer la trame dominante du jeu, et une quarantaine d’heures pour tout essorer à 100%.

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Conclusion

God of War est d’une qualité rare, de celle qui font les grands jeux dont on parlera encore dans 20 ans. Inspiré, sublime, épique, poignant, il transcende le genre par une réalisation maîtrisée de bout en bout, un système de combat ingénieux et des personnages attachants. Malgré tout cliché dans sa relation père-fils simplette et agaçant par moment pour ses pics de difficulté calculés, ses maigres défauts ne parviennent pas à faire oublier ce qu’il est réellement : l’un des meilleurs jeux de ces dix dernières années, et l’un des jeux d’aventure sauce beat’em all les plus jouissifs de mémoire de joueur. À posséder absolument.

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C’est bon

  • Système de combat ingénieux
  • Sublime
  • Histoire prenante
  • Personnages attachants
  • Musiques épiques
  • Progression bien gérée

C’est mauvais

  • Relation père-fils simplette
  • Pics de difficulté agaçants
  • Exploration limitée

Ce test de God of War a été réalisé avec la version dématérialisée sur Playstation 4, gracieusement fournie par Sony Interactive Entertainment.

Vous pouvez acheter le jeu en suivant ce lien, ce qui nous versera quelques écus au passage, si le coeur vous en dit.

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1 commentaire sur “[Test] – God of War : le Ragnarök aux petits oignons”

  1. Ping : Un mode New Game+ pour God of War le 20 août - ExoBaston

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